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Séminaire

Disparitions en étoilement : un exil constellé

Séminaire Art et Psychanalyse 2026-2027

Conversation avec Julieta Hanono et Frédéric Baitinger  

Discutantes : Judith Michalet et Diane Watteau 

Responsable scientifique du séminaire : Diane Watteau

 Frédéric C. Baitinger : psychanalyste et philosophe, docteur de la City University of New York. Ses recherches croisent la psychanalyse, la philosophie, les études queer et les pensées décoloniales. Il organise les séminaires Décoloniser l’inconscient, puis Créoliser l’inconscient, et écrit avec Milan Garcin La Beauté du vulnérable (2025), dans le cadre de la Chaire de philosophie au GHU Paris psychiatrie & neurosciences. Membre de l’AICA, il a collaboré avec Artension, Graffiti Art et Art Absolument. Son ouvrage Jouissance and Its Discontents: Lacan, Erotology, and the Decolonization of Psychoanalysis est à paraître en 2027 (Bloomsbury Academic)

Julieta Hanono : artiste visuelle, née à Buenos Aires, vit et travaille entre Paris et Rosario (Argentine). Ses projets ont été présentés en France, en Argentine, au Brésil, en Suisse et au Royaume-Uni, notamment au Centre Pompidou, à l’Institut du Mexique (Paris), au Musée de la Mémoire de Rosario, au Musée de la Carcova de Buenos Aires, au Centre Helio Oiticica de Rio de Janeiro, au Wolfson College de Cambridge. Dernières expositions, en 2026 : La Vie climatique, MAC de Marseille ; Razones poéticas, Centro Cultural Borges de Buenos Aires ; Un regard ethnologique au féminin autour de la collection de Catherine Bastide, La Traverse à Marseille.

Les pièces de Julieta Hanono fonctionnent comme des supports transdisciplinaires qui se déploient, se décomposent et se traduisent en textes, dessins, broderies, films, néon, affiches. En 2004, elle est retournée à Rosario filmer El pozo, un work in progress dont le point de départ a été une vidéo et une performance où l’artiste retourne dans les lieux où elle avait été enfermée – « disparue » – pendant 13 mois, à l’âge de 16 ans, durant la dictature militaire en Argentine. Depuis plusieurs années, elle développe une pratique qu’elle nomme « traduction affective », où l’écriture, les langues, les déplacements, les corps et les territoires se rencontrent et se transforment. Sa recherche traverse notamment les questions de l’exil, de la migration, des féminismes, de la colonialité, des relations entre humain et non-humain, ainsi que les formes de transmission et de construction des récits. L’écriture constitue un fil conducteur de son travail et se déploie dans différentes matérialités.

« Décoloniser l’inconscient », pour  Frédéric C. Baitinger, va dans deux sens à la fois : passer les concepts psychanalytiques au crible des discours critiques – féminismes, études de genre,études queer, pensées décoloniales – plutôt que d’appliquer aux existences et aux œuvres des catégories toutes faites ; mais aussi maintenir ouverte, au cœur du politique, la question de ce qui résiste à sa propre réduction : la part pulsionnelle de l’inconscient, ses dynamiques de défense et de sublimation. Dans un article récent, « Noirceur et Opacité » (Chimères, n° 108), il explore avec Guattari et Glissant le gouffre de l’esclavage comme lieu de terreur et de disparition, pour penser les conditions de son retournement en matrice poétique. S’y dessine l’hypothèse d’un inconscient créolisé, qui résonne avec le travail de Julieta Hanono : revenir vers la disparition pour la traduire autrement, et faire apparaître ce que cette séance se propose de penser comme des « disparitions en étoilement ».

Retransmission via Zoom.

Prochaines séances du séminaire à retrouver sur le site de l'institut ACTE : 

  • Mercredi 9 décembre 2026 : L’association libre : tout, sauf libre ? 
  • Mercredi 3 février 2027 : Après l’Âne-alyste

Image : 1. Julieta Hanono, Lampe, mosaïque, 2013
2. Julieta Hanono, Mythe des femmes étioles de la cosmogonie Qom, texte brodé en trois langues espagnol, français et qom, 150x150 cm, 2025

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