Pour une histoire des formes de montage - séance n°1
Séminaire de recherche édition 2026-2027 : Comparaisons et problématisations
Organisation : Vincent Amiel et José Moure (Université Paris 1), Laurent Le Forestier (Université de Lausanne) et Gian Maria Tore (Université du Luxembourg)
Contact : gian-maria.tore@uni.lu
Ce séminaire propose, depuis maintenant cinq ans, d’ouvrir le chantier de l’histoire des formes au cinéma, et en particulier des formes du montage. Celui-ci est entendu comme la pratique de mise en succession des plans, mais aussi comme un véritable principe organisateur qui donne forme aux scènes, aux séquences et à leur enchaînement.
La démarche proposée repose sur l’étude de cas. Il s’agit (1) de circonscrire un corpus constitué d’un ensemble de séquences ou de films ; (2) de l’analyser de manière comparative ; (3) d’en dégager une configuration paradigmatique et, par là, une problématique susceptible d’excéder les films convoqués, tout en étant définie à partir d’eux.
Ces études de cas, menées cette année selon une approche comparatiste — dont le séminaire souhaiteégalement explorer les fondements épistémologiques —, ont pour objectif de mettre en évidence un ouplusieurs états du montage : les problèmes qui lui sont propres et les figures et les formes qu’il adopte,dans une perspective synchronique ou diachronique, à l’échelle d’une ou de plusieurs époques. L’approche comparatiste doit en effet permettre de situer ces cas d’espèce dans un ensemble, même minimal (une œuvre, un genre, une filmographie, etc.). Ainsi envisagées, ces études comparatistes ont vocation à contribuer à une histoire des formes du montage.
Séance n°1
Massimo Olivero : Du conflit à l’intensité. La réélaboration du montage soviétique dans le cinéma hollywoodien classique
À travers l’analyse de quelques scènes de l’œuvre de King Vidor (Our Daily Bread, Beyond the Forest), Josef von Sternberg (Underworld, The Scarlet Empress) et Orson Welles (The Lady from Shanghai, Touch of Evil), il s’agira de montrer comment certaines expériences soviétiques du montage, de la surimpression et de la profondeur de champ sont réélaborées au sein de la forme classique.
Emmanuel Siety : Temps sur temps
Le montage consiste traditionnellement à distribuer des lieux dans le temps. À partir de trois œuvres, Here (Robert Zemeckis, 2024), Sshtoorrty (Michael Snow, 2005) et La merveilleuse histoire d’Henry Sugar (Wes Anderson, 2023) (et d’autres encore, secondairement), je propose de traiter comme formes du montage diverses stratégies pour faire tenir une pluralité de temps dans un lieu.
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