Hybridations Animales
Cette journée d’études, portée par des chercheur·euse·s et artistes contemporain·ne·s propose diverses recherches sur la question animale dans les représentations artistiques, les relations interspécifiques et les luttes sociétales actuelles.
Partant de la notion d’hybridation, les intervenant·e·s questionnent la relation de proximité qu’entretient l’espèce humaine avec les autres espèces, de leur omniprésence dans l’imaginaire aux revendications identitaires, en passant par la question de l’autonomie animale en habitat partagé. L’hybridation est dé nie par le processus de « croisement naturel ou artificiel d’individus (plantes ou animaux) d’espèces, de races ou de variétés différentes » (CNRTL) : qu’est-ce qu’implique un processus d’hybridation avec l’animal ? Parle-t-on des corps, de la subjectivité ou d’une cohabitation spatiale ? Quel rôle joue l’hybride dans l’imaginaire, la symbolique ? Parle-t-on de l’animal en lui-même, ou seulement de ce qui nous ressemble ? Quel impact la perception de l’animal a-t-elle sur la structure de nos vies quotidiennes ? Quelle place pour l’amour ?
Depuis la perspective des arts, de la poésie, des sciences, la question de la représentation a une place centrale. Elle se fait le support émotionnel des réflexions actuelles, révélant une nouvelle sensibilité à la présence animale, à notre semblance interspécifique, aussi bien théorique que physique. Le sujet amène une hybridation d’abord symbolique dans la structure humaine du langage : les mythes et croyances, la relation aux rêves, l’expression sublimée des émotions. Mais aussi le terreau esthétique inépuisable des formes animales, où elles communiquent des idées politiques, un statut social, un design, un usage métaphorique controversé. Finalement la proximité physique des corps, depuis les découvertes biologiques remettant en cause les croyances de l’« ordre naturel » hétéronormé, aux luttes contre les relations de domination dans un espace de vie commun.
Les recherches et expressions artistiques personnelles des intervenant·e·s s’inscrivent dans un cadre théorique interdisciplinaire : l’esthétique, l’histoire de l’art, la zoopoétique, en passant par la biologie, l’anthropologie, la sociologie, ainsi que l’activisme anti-spéciste et la philosophie post-humaniste.
La rencontre sera l’occasion d’ouvrir un débat, au sein de l’Institut National d’Histoire de l’Art, sur l’hyper-actualité de la relation au non-humain au travers de ses interprétations contemporaines. À l’issue des diverses interventions, est prévu un temps d’échange et de réflexion convivial avec l’ensemble des personnes présentes.
Organisation : Camille Alquier-Azan (professeur associé : Jean-Marie Dallet)
Programme
9h30 : Accueil et petit-déjeuner
10h : Valentin Borchet-Fernandez
Hybridité ontologique dans les pratiques naturalistes au temps des extinctions.
10h30 : Mùden Water et Pernelle Gaufillet-Ventura
L'animal et la forêt : entre observation, rituel et environnement.
11h : Pause
11h15 : Popline Fichot
Habiter la contrainte, du féral au radioactif.
12h : Déjeuner
14h : Meltem Yildiz
Au-delà des binaires : éros mycélien et écologies queer dans l'art et la science.
14h30 : Ellis Laurens
Hybridité et hydroféminisme : la sirène comme incarnation d'une transition interespèce posthumaine.
15h : Camille Alquier-Azan
Perroquet libertin pyromane ? La réaction expressive des femmes aux animaux d'amour chez les troubadours et trouvères du Moyen-Âge.
15h30 : Pause
15h45 : Alexandre Herrou
Hybridation picturale : devenir-animal, devenir-signe.
16h15 : Antoniy Valchev
Le canard en plastique : hybridation symbolique et appropriation animale dans les imaginaires contemporains.
16h45 : Discussion et clôture.
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