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Séminaire

Séance n°5 du séminaire Reflexio

Euridice Zaituna Kala, « Pour celleuxs qui n’ont pas de langage mais des sons »

Séminaire Reflexio : 

Toute propagation du son s’accompagne d’une réflexion acoustique, dès lors que l’onde sonore rencontre une surface qui en partie l’absorbe et en partie la réfléchit. Dérivant de ce principe, le séminaire reflexio propose une série de conférences où les paroles d’artistes, de musicien·nes et de chercheur·ses s’offrent à la réflexion partagée, dans des moments d’échange où les énoncés de chacun et chacune deviennent autant d’échos d’échos. Du cyberféminisme à l’esthétique de l’échec, en passant par la matérialité langagière et ses rapports de domination, la non-binarité, les récits et les langues oubliés, ou encore les affects des rythmes, ces conférences abordent quelques-unes des préoccupations qui animent, aujourd’hui, les pratiques et la recherche dans les arts sonores et les sound studies

Séance n°5 : Euridice Zaituna Kala, « Pour celleuxs qui n’ont pas de langage mais des sons »

Le son est un medium central et méthodologique dans la pratique artistique d'Euridice Zaituna Kala, agissant comme un outil essentiel pour une archéologie affective et la réparation mémorielle. Plutôt qu'un simple accompagnement, le son est utilisé pour créer des archives vivantes et sensibles qui pallient les silences et les lacunes des archives visuelles et écrites. L'artiste élabore des bandes sonores à partir d’éléments comme l’eau, la voix, le corps humain, pour cartographier des histoires. Dans ses expositions et performances, le son rend sensibles les récits et les langues oubliés, et confère une présence tangible aux corps et aux communautés effacées, transformant le public en auditeur actif.

Née à Maputo (Mozambique) en 1987, Euridice Zaituna Kala vit et travaille à Maisons-Alfort. Son travail porte sur les métamorphoses culturelles, l'adaptation et la manipulation de l'histoire. L'artiste puise dans les archives iconographiques pour révéler leurs subjectivités, ainsi que celles qu'elles ont rendues invisibles. Elle questionne l'appropriation des corps noirs à travers leur représentation dans les archives ; mais plutôt que de s'emparer de leur histoire, elle tente de réaffirmer leur existence. Son approche est basée sur une recherche adoptant de multiples formes : performances, installations, photographies, textes, sculptures/paysages, vidéos, œuvres sonores, films… Elle est artiste-enseignante à l'École des Beaux-Arts de Nantes depuis 2022, et est la fondatrice et co-organisatrice de l'e.a.s.t. (Ephemeral Archival Station), un laboratoire et une plateforme pour des projets de recherche artistique créé en 2017.

Accès libre dans la limite des places disponibles.

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